Santé /   Stigmatisation et discrimination dans la riposte au VIH : Actions communautaires pour réduire les préjugés et la discrimination envers les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.

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Santé /   Stigmatisation et discrimination dans la riposte au VIH : Actions communautaires pour réduire les préjugés et la discrimination envers les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Rencontre avec Monsieur Augustin DOKLA, Président du Réseau des personnes vivant avec le VIH (RAS+ Togo).

 

Entre 2010 et 2023 le nombre de nouvelles infections à VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre a connu une baisse de 46%. Cependant le taux reste élevé chez les jeunes et adolescentes et chez les jeunes femmes, de m̂eme qu’au sein des populations clés. C’est selon le Rapport Régional sur la mise à jour sur le Sida en Afrique de l’Ouest et du Centre lancé  le 23 juillet 2024 à Dakar au Sénégal.

 

Au Togo  le  taux de prévalence  reste aussi élevé  chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) et très souvent on cite comme cause, entre autres, la stigmatisation et la discrimination. Pour en savoir davantage sur les impacts de la stigmatisation et de la discrimination sur les HSH, le journal en ligne Municipal Info a rencontré Monsieur Augustin DOKLA, Président du Réseau des personnes vivant avec le VIH (RAS+ Togo).

 

Le taux de prévalence jusqu’à 2022 est très très élevé au sein des hommes ayant des rapports sexuels  avec d’autres hommes sur cent (100) personnes des HSH 21%  sont positifs ; cependant les dernières enquêtes nous ramène autour de 8%  ceci  grâce aux efforts faits par le gouvernement et les différents partenaires pour accompagner cette cible dans la lutte contre le VIH. « Malgré ces efforts le taux de prévalence reste toujours élevé et le travail doit se poursuivre afin de fléchir la courbe de cette prévalence pour atteindre les objectifs que le pays s’est fixé » un défis sur lequel Monsieur Augustin DOKLA président du Conseil d’Administration de RAS+ porte son attention.

 

La stigmatisation et la discrimination

Pour rentrer dans le vif du sujet  Augustin DOKLA a jugé bon de définir les deux concepts qui sont : la stigmatisation et la discrimination. La stigmatisation c’est le fait d’isoler, d’étiqueter une personne et la discrimination c’est le fait de refuser ce qui revient de droit à une personne bénéficiaire.

 

Les différentes formes de stigmatisation et de la discrimination.

Les différentes formes de stigmatisation et de la discrimination sont : « les insultes, les violences sexuelles, le refus de soins, d’employabilité ou d’employer une personne HSH, l’atteinte physique à leur intégrité au sein de la communauté» relève Monsieur DOKLA.

Les conséquences de la stigmatisation et de la discrimination sur les HSH.

Les impacts de ces deux comportements : la stigmatisation et la discrimination peuvent hypothéquer toute la riposte au VIH contre laquelle le Chef de l’Etat,  Faure GNASSINGBE préside le Conseil National de Lutte contre le Sida et toutes les parties prenantes, partenaires techniques et financiers, les acteurs de la société civile et « si ça continue nous pensons que les gens vont continuer toujours par se cacher et l’infection à VIH-Sida va se poursuivre dans la population ».

 

L’infection est présente au sein de la cible HSH et évolue d’une manière silencieuse mais également au sein de la population en général « parce que, au Togo, nous avons une infection de type généralisé ce qui signifie que dans toute la population nous avons des gens qui vivent avec le VIH et lorsque cette stigmatisation continue, cela va rendre la tâche difficile dans l’atteinte des objectifs fixés pour la réduction de l’infection à VIH- Sida. Cela ca impacter les indicateur » selon M. Dokla.

 

Impacts sur la santé mentale et physique et également sur l’accès aux services de santé.

« Alors c’est compliqué c’est compliqué» souligne le président de RAS+ Togo et il se demande : « quelle explication pouvons-nous donner alors ». Il commence par l’accès aux soins. Sur le plan national le pays a fait d’énormes efforts pour impliquer les différents  services  sanitaires sur l’ensemble du territoire dans la lutte contre le sida. Son souci est que « si les comportements de stigmatisation et da discrimination continuent, les gens vont s’éloigner des centres de soins » Sur la santé mentale et physique de la population HSH le pays.

 

Un arsenal juridique contre la stigmatisation et la discrimination

Les activités de lutte contre ces deux fléaux, comme les désigne Monsieur Dokla, sont des activités transversales mais aujourd’hui dans le pays il y a un axe entier qui prend en compte cet  aspect-là dans le Plan Stratégique national de lutte contre le sida (PSN) 2022-2026. Le pays est également doté d’une loi portant protection des personnes en matière du VIH-Sida. Il existe également un plan stratégique sur les droits humains et le genre et un manuel de formation sur la même thématique. Un observatoire togolais des droits humains en lien avec le VIH-Sida contribue à donner un visage à ces deux fléaux avec des bénévoles sur l’ensemble du pays. Ces bénévoles collectent les cas et accompagnent les victimes  ou les survivants des différentes violences basées  sur le genre (VBG). Que ce soit au sein des populations clé ou des PVVIH. D‘autres acteurs  et réseaux également, entre autres, le réseau CUPIDON et Le Club des 7 jours mènent des actions et documentent ces questions de stigmatisation. Il faut noter par ailleurs l’existence d’un code pénal qui réprime  l’acte contre nature.  Nous devons continuer à « travailler, sensibiliser les gens et promouvoir l’état de droit que pays essaie de faire avancer c’est de bonne guerre et nous ne devons pas baisser les bras » martèle notre interlocuteur..

 

 

Pour réduire un tant soit peu l’impact sur les HSH les associations identitaires et d’autres ONG et institutions organisent des activités de sensibilisation à l’endroit des populations clés elles–mêmes en terme d’estime de soi. Elles renforcent les capacités des populations clés à, à travailler pour se valoriser et ne pas être dépendants, à participer à toutes les actions menées sur  le terrain dans le but d’avoir des résultats qui vont permettre de mitiger l’impact de la stigmatisation et de la discrimination à l’endroit des HSH.

 

Le rôle des medias dans la lutte contre la stigmatisation et de la discrimination

Monsieur DOKLA affirme «qu’il faut impliquer les medias dans cette lutte car ils sont un élément important dans ce dispositif ». Depuis 2012, le Togo travaille de concert avec les réseaux des journalistes  REMAPSEN (Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement), avec les médias eux-mêmes, les journalistes et d’autres acteurs. Les journalistes des médias publics, privés et en ligne sont formés et sensibilisés sur la thématique «Populations clé, médias et lutte contre la stigmatisation et la discrimination et lutte contre les violences basées sur le genre ». C’est un travail qui est fait avec l’expertise d’un ancien journaliste, consultant en la matière, Monsieur Atinèdi GNASSE.

 

Alliant les questions de populations clé, genre, orientations sexuelles et d’autres concepts, les formations fournissent aux journalistes des données et savoirs sur l’enjeu de santé publique indépendamment des croyances individuelles et sur la pratique journalistique et ses principes principaux. Ce qui les amène à comprendre la notion de communiquer sans discriminer. « Sensibiliser, conscientiser, peut intervenir pour informer le public sur le danger de ces comportements envers les HSH ». La formation des Journalistes devient alors capitale dans cette lutte dans le but de réduire la stigmatisation et la discrimination des populations clé.

 

La  lutte sur le plan éducatif

«Edoa lolo,voa dowolawo mé sorgbor  wo » ( la moisson est grande mais peu de moissonneurs).  Monsieur Dokla s’exprime dans la langue natale pour mieux souligner les difficultés. Pour atteindre les objectifs, il lance un appel à tous car chacun doit pourvoir apporter sa contribution et les populations elles-mêmes qui sont aussi touchées  doivent pouvoir « s’investir»  dans  la résolution de ces difficultés. Cela permettrait de lutter pour mettre fin à ces préjugés et faciliter l’accès à l’éducation, aux soins, à l’emploi, à l’auto-emploi pour cette population « parce que le pays a besoin de tous ses fils et filles pour se développer »

 

Les actions communautaires dans la lutte contre la stigmatisation et de la discrimination.

Sur le plan national le gouvernement essaie de soutenir les efforts communautaires dans la lutte contre  l’infection. L’Etat continue toujours par faciliter la mise en place d’environnements favorables en impliquant les différents acteurs dans le cadre des activités en lien avec le VIH et le sida au niveau des populations clés. La participation de ces populations à des réunions stratégiques et aux plus hautes instances de la riposte au VIH en dit long sur cette volonté politique. Monsieur Augustin Dokla pense que la participation des populations concernées à des cadres de discussion franche avec l’Etat est très importante. Nous ne devons pas baisser les bras dans cette lutte.

 

La collaboration des OSC avec les agents de la santé, les communautés locales pour renforcer la riposte au VIH

Pour le Président de RAS+ Togo, il faut maintenir les discussions avec les autorités sanitaires et les communautés locales. Le travail se fait déjà dans les foras de  discussion, l’implication de chaque acteur dans l’élaboration des documents stratégiques. «En terme de discrimination et stigmatisation, des efforts sont en cours dans plusieurs pays pour mettre  en œuvres des réformes juridiques et lutter contre la stigmatisation et de la discrimination particulièrement à l’égard des populations clés. Si nous intensifions la prévention  et travaillons à diminuer les inégalités entre les sexes et si nous mettons fin à la stigmatisation et de la discrimination liées au VIH alors nous serons sur le bon chemin pour mettre fin au Sida d’ici 2030 » a souligné Berthilde Gahongayire Directrice Régionale ONUSIDA Afrique de l’Ouest et du Centre dans son discours à l’occasion du lancement du Rapport Régional sur la mise à jour sur le SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre à Dakar au Sénégal le 23 juillet 2O24.

 

Viviane N’SOUVI

Directrice de Publication

Organe : www.municipalinfo.tg

 Pour LC7J Viviane N’SOUVI municipalinfo.tg

 

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